Il y a des dimanches qui appellent à la tradition, au réconfort d’un plat qui a longuement murmuré sur le feu, embaumant la maison de promesses gourmandes. Si le poulet rôti et ses fidèles pommes de terre tiennent une place de choix dans nos cœurs, il est parfois salutaire de bousculer les habitudes, de voyager sans quitter sa cuisine. Aujourd’hui, nous mettons le cap sur l’Italie, et plus précisément sur la Lombardie, berceau d’un monument de la gastronomie transalpine : l’osso buco. Loin d’être une simple recette, c’est une véritable célébration, un plat généreux qui rassemble les générations autour de la table. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les plats en sauce. Avec ses rouelles de veau fondantes, sa sauce onctueuse et parfumée, et sa touche finale de fraîcheur, l’osso buco n’est pas un plat que l’on prépare, c’est une histoire que l’on raconte. Une histoire de patience, d’amour des bons produits et de partage. Alors, prêt à détrôner le classique dominical pour un aller simple vers Milan ? Suivez le guide, votre cuisine est sur le point de devenir le théâtre d’un opéra culinaire.
30 minutes
120 minutes
moyen
€€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1.
Commencez par préparer la star du plat : les rouelles de veau. C’est une étape cruciale qui garantit une viande tendre et qui se tient. À l’aide d’un petit couteau bien aiguisé, pratiquez quelques petites incisions sur la membrane qui entoure chaque rouelle. Pourquoi faire cela ? C’est très simple : sans ces entailles, la chaleur de la cuisson ferait se rétracter cette membrane, et votre belle tranche de viande se transformerait en une sorte de bol recroquevillé. Une fois cette opération terminée, salez et poivrez généreusement chaque face des rouelles. Versez la farine dans une assiette creuse et passez chaque morceau de viande dedans, en veillant à bien les enrober d’une fine pellicule. Tapotez pour retirer l’excédent. Cette fine couche de farine, que l’on appelle singer, va permettre à la viande de dorer magnifiquement et contribuera à lier la sauce plus tard.
2.
Dans une grande cocotte en fonte, faites chauffer l’huile d’olive et le beurre à feu moyen-vif. Lorsque le beurre arrête de chanter et commence à mousser, déposez délicatement les rouelles de veau farinées. Attention à ne pas surcharger la cocotte, il faut que chaque morceau ait son espace pour bien colorer. Faites-les dorer environ 4 à 5 minutes de chaque côté. Nous recherchons ici une belle caramélisation, ce qu’on appelle la réaction de Maillard, qui va développer des arômes incroyables. Une fois les deux faces bien dorées, retirez la viande de la cocotte et réservez-la sur une assiette.
3.
Baissez légèrement le feu et ajoutez dans la même cocotte les oignons, les carottes et le céleri, que vous aurez préalablement pelés et coupés en petits dés. C’est ce que les Italiens appellent le soffritto, la base aromatique de très nombreux plats mijotés. Faites revenir ces légumes pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps avec une cuillère en bois. Ils doivent devenir tendres et translucides, sans pour autant colorer fortement. N’hésitez pas à gratter le fond de la cocotte pour décoller les sucs de cuisson de la viande, ils sont pleins de saveurs !
4.
Une fois les légumes bien fondants, il est temps de déglacer. C’est un mot qui peut impressionner, mais l’opération est un jeu d’enfant. Versez le vin blanc sec d’un seul coup dans la cocotte chaude. Une belle vapeur va s’élever. Avec votre cuillère en bois, continuez de gratter énergiquement le fond de la cocotte pour dissoudre tous les sucs restants dans le vin. Laissez l’alcool s’évaporer pendant 2 à 3 minutes, jusqu’à ce que le liquide ait réduit de moitié. Cette étape concentre les goûts et donne une profondeur incomparable à la sauce.
5.
Ajoutez ensuite le bouillon de veau et le concentré de tomates. Mélangez bien pour obtenir une sauce homogène. Replacez délicatement les rouelles de veau dans la cocotte, en essayant de les disposer en une seule couche. L’os doit être positionné à la verticale, si possible, pour que la précieuse moelle ne s’échappe pas pendant la cuisson. Le liquide doit arriver environ aux deux tiers de la hauteur de la viande. Portez le tout à une légère ébullition.
6.
Dès les premiers frémissements, baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins 1 heure 30, voire 2 heures. Le secret d’un osso buco réussi est une cuisson lente et douce. La viande doit devenir si tendre qu’elle se détache de l’os à la simple pression d’une fourchette. Pensez à vérifier de temps en temps qu’il reste assez de liquide, et retournez délicatement les morceaux à mi-cuisson.
7.
Pendant que le veau poursuit sa lente cuisson, préparez la touche finale qui va tout changer : la gremolata. C’est un condiment italien d’une simplicité désarmante mais d’une efficacité redoutable. Hachez très finement le persil plat et les gousses d’ail préalablement dégermées. Zestez le citron. Dans un petit bol, mélangez ces trois ingrédients. La gremolata est prête. Son rôle ? Apporter une vague de fraîcheur, de peps et une légère amertume qui viendront contraster et sublimer la richesse du plat mijoté. Ne sautez surtout pas cette étape, elle est la signature de l’authentique osso buco alla milanese.
8.
Une fois la viande parfaitement fondante, goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Au moment de servir, déposez une belle rouelle de veau dans chaque assiette, nappez généreusement de sauce aux légumes et parsemez d’une cuillère à café de gremolata fraîche. Le spectacle visuel et olfactif est déjà une fête.
Mon astuce de chef
Le trésor de l’osso buco se cache, comme son nom l’indique, dans son os. La moelle est un mets d’une finesse absolue. N’oubliez surtout pas de la déguster ! Traditionnellement, on la prélève à l’aide d’une petite cuillère spécifique, la cuillère à moelle, pour la savourer telle quelle ou l’étaler sur un morceau de pain grillé. C’est le privilège du cuisinier et de ses invités.
Accords mets et vins
Pour escorter ce plat milanais, restons en Italie. Un vin rouge du nord du pays sera un compagnon idéal. Optez pour un Barbera d’Asti du Piémont, avec ses notes de fruits rouges acidulés et sa belle fraîcheur qui trancheront avec le gras du plat. Si vous préférez plus de structure, un Valpolicella Classico de Vénétie, léger et fruité, fonctionnera à merveille. L’idée est de choisir un vin avec une bonne acidité pour équilibrer la richesse de la sauce et de la moelle, sans pour autant écraser la finesse de la viande de veau.
L’info en plus
L’osso buco, littéralement « os à trou » en italien, est un pilier de la cuisine de Milan, en Lombardie. Son origine remonterait au Moyen Âge, où il était considéré comme un plat paysan, valorisant des morceaux de viande moins nobles. Aujourd’hui, il est devenu un ambassadeur de la haute gastronomie italienne, servi sur les plus grandes tables du monde. La recette traditionnelle, dite « alla milanese », se caractérise par l’absence de tomates dans la sauce (remplacées par des anchois, de la cannelle et d’autres épices) et par l’ajout de la fameuse gremolata. La version avec tomate que nous vous proposons est plus moderne et répandue, mais tout aussi délicieuse.
- Cet objet bien connu des sportifs peut sauver les oiseaux de votre jardin du froid - 13 décembre 2025
- Une poignée de chocolat et des poires mûres suffisent pour ce goûter fondant d’automne - 12 décembre 2025
- Pour changer du poulet rôti, ce plat familial italien a conquis toute la maison - 12 décembre 2025





